Pommes de terre : la filière confirme un protocole pour détruire les invendus, voici pourquoi

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Le chiffre donne le vertige. Des tonnes de pommes de terre restent sans débouché, et la filière prépare maintenant un protocole pour les détruire proprement. Derrière cette décision, il y a une vraie tension économique, mais aussi un sujet très concret de risque sanitaire.

Une récolte record, mais pas assez d’acheteurs

La campagne 2025-2026 bat des records avec 8,6 millions de tonnes produites. Sur le papier, cela peut sembler être une bonne nouvelle. En réalité, le marché n’absorbe pas tout.

Le problème est simple. La production grimpe, mais les débouchés se contractent. Les usines de transformation ralentissent, et elles n’achètent pas les lots hors contrat. Résultat, une partie des pommes de terre ne trouve tout simplement pas de sortie.

Le CNIPT évoquait déjà près d’un million de tonnes sans débouché. Ce n’est pas un petit excédent. C’est une masse énorme, difficile à écouler sans casser les prix ni déséquilibrer toute la filière.

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Pourquoi la destruction des invendus devient un sujet

Quand des tubercules restent stockés trop longtemps, le risque ne se limite pas à la perte financière. Il y a aussi des questions d’hygiène, de stockage et de propagation de maladies. Une gestion improvisée peut vite créer plus de problèmes qu’elle n’en résout.

C’est pour cela que le GIPT, avec Arvalis, prépare un protocole simple, sécurisé et peu coûteux pour détruire les pommes de terre invendues. L’idée n’est pas de gaspiller pour le plaisir. L’objectif est de limiter les dégâts et de garder le contrôle.

La filière veut surtout éviter une gestion non encadrée des tubercules. Lorsqu’un volume trop important est laissé sans solution claire, il peut devenir un foyer de complications sanitaires. Et dans une campagne déjà fragile, personne n’a intérêt à ajouter une crise à la crise.

Quelles solutions existent déjà pour les surplus

Aujourd’hui, les volumes sans débouché sont souvent orientés vers la méthanisation ou l’alimentation animale. Ce sont des solutions connues. Elles permettent au moins de donner une utilité à une partie des invendus.

Mais la filière le dit clairement. Ces voies dites sans valorisation ne suffisent probablement pas à absorber des centaines de milliers de tonnes. C’est là que le sujet devient sensible. Quand l’offre dépasse trop largement la demande, chaque solution paraît vite trop petite.

On retrouve un scénario déjà vu lors de la crise de 2020. Beaucoup d’agriculteurs s’en souviennent encore. Quand les circuits normaux se bloquent, il faut agir vite, sans improvisation, et sans laisser les stocks se dégrader.

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Ce que veut changer le nouveau protocole

Le futur protocole doit donner aux producteurs des pratiques encadrées, adaptées et applicables rapidement. C’est important, parce qu’en période de tension, un conseil trop compliqué ne sert à rien. Il faut des gestes clairs, réalisables sur le terrain, sans alourdir les charges.

Les recommandations seront détaillées prochainement aux producteurs, aux coopératives et aux acteurs de la filière. En attendant, le message est limpide. Il faut éviter les solutions bricolées, les dépôts sauvages ou les gestions trop lentes des lots invendus.

Ce protocole ne règle pas le fond du problème. Il ne crée pas de nouveaux marchés. Mais il peut éviter une mauvaise situation sanitaire et économique de devenir pire encore. Parfois, dans une campagne difficile, bien gérer les pertes est déjà une forme de protection.

Pourquoi la filière appelle à la responsabilité collective

Le GIPT insiste sur un point essentiel. Cette crise ne se traverse pas seul. Producteurs, industriels, coopératives et structures techniques doivent avancer dans le même sens. Sinon, chacun subit les excès de l’autre et la situation se tend encore plus.

L’expression peut sembler un peu institutionnelle, mais elle dit quelque chose de très réel. Quand les volumes sont trop abondants, le problème ne se résout pas uniquement dans les champs. Il faut aussi de la coordination, des contrats mieux calés et une vraie lecture du marché.

La campagne actuelle montre une chose simple. Produire beaucoup ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir vendre, transformer ou orienter correctement les volumes. Sans cela, les surplus deviennent un fardeau pour tout le monde.

Ce qu’il faut retenir de cette crise des invendus

Cette affaire de pommes de terre invendues n’est pas seulement une histoire de surplus. C’est un signal fort sur l’équilibre fragile entre production, transformation et débouchés. Quand la récolte atteint des records, le système peut vite se bloquer.

Le protocole annoncé pour la destruction des invendus vise surtout à éviter une dérive sanitaire et à donner un cadre pratique aux agriculteurs. C’est une réponse d’urgence, pas une solution miracle. Mais dans le contexte actuel, elle devient nécessaire.

Au fond, cette crise rappelle une vérité souvent oubliée. Dans l’agriculture, la quantité compte moins que l’équilibre. Et quand cet équilibre casse, même un produit aussi simple que la pomme de terre peut devenir un vrai casse-tête.

Antoine Joret
Antoine Joret

Je vis entre Lyon et la Drome et j'ecris sur la cuisine depuis 11 ans apres un passage en salle dans deux maisons independantes. Je travaille surtout les produits de saison, les tables francaises et l'art de recevoir sans decor inutile.

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